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Câble souple vs rigide : l'idée reçue sur la chute de tension

Même section, même cuivre : le souple résiste un peu plus, mais la norme calcule pareil. Chiffres, calcul et vrai piège du chantier.

Câble souple vs rigide : l'idée reçue sur la chute de tension
Publié le 16/09/2026Équipe Bornetik IDFtechnique
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Ce que vous allez découvrir dans cet article

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Oui, il y a un écart : à section égale, un câble souple résiste de 4 % à 8 % de plus qu'un rigide selon la section
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Non, la norme ne le compte pas : le calcul de chute de tension de la NF C 15-100 prend la même résistivité du cuivre pour les deux
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Impact réel : environ 0,1 point de chute de tension en plus, à surveiller seulement si votre ligne est déjà au ras des 5 %
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Le vrai piège : un câble souple mal raccordé, sans embout de câblage, chauffe bien plus qu'il ne perd en résistance

1. Introduction : souple ou rigide, la question qui revient sur les chantiers

Vous avez du 10 mm² rigide qui sort du tableau, et une bobine de 10 mm² souple sous la main. Est-ce que la chute de tension va changer ? Faut-il passer en 16 mm² par sécurité ? La question revient souvent, chez les particuliers comme chez les électriciens.
On entend deux réponses opposées. Pour les uns, « c'est la section qui compte, point ». Pour les autres, « le souple, c'est moins de cuivre, donc plus de pertes ». Les deux ont une part de vrai.
Ce guide tranche avec des chiffres : ce que dit la norme des conducteurs (IEC 60228), ce que calcule la norme NF C 15-100, et ce qui compte vraiment quand on raccorde une borne de recharge.

2. Souple, rigide : ce qui change vraiment dans le câble

Un câble rigide a une âme massive (un seul fil de cuivre) ou câblée (quelques gros brins). Un câble souple a une âme faite de dizaines, voire de centaines de brins fins. Le métal est le même : du cuivre.

La norme internationale IEC 60228 (NF EN 60228 en France) classe les âmes en quatre familles : classe 1 (massive), classe 2 (câblée rigide), classe 5 (souple) et classe 6 (extra-souple).

🔌 Les classes d'âme et les câbles courants

Classe IEC 60228Type d'âmeExemples de câbles
Classe 1
Massive (un seul fil)
H07V-U, U-1000 R2V jusqu'à 4 mm²
Classe 2
Câblée rigide (quelques brins)
H07V-R, U-1000 R2V à partir de 6 mm²
Classe 5
Souple (brins fins)
H07V-K, H07RN-F
Classe 6
Extra-souple (brins encore plus fins)
Même résistance maximale que la classe 5
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💡 La section nominale n'est pas une mesure au pied à coulisse

« 10 mm² » est un calibre, pas une surface mesurée. La norme IEC 60228 ne fixe pas la surface géométrique du cuivre : elle fixe une résistance maximale par kilomètre pour chaque section et chaque classe.

C'est pour cette raison qu'un 10 mm² souple et un 10 mm² rigide n'ont pas exactement la même résistance : la norme ne leur demande pas la même.

3. Le câble souple résiste-t-il plus ? Les chiffres de la norme

Oui, un peu. Deux raisons physiques l'expliquent.

Les brins sont torsadés. Dans un câble souple, chaque brin s'enroule en hélice autour de l'axe. Sur 1 mètre de câble, un brin mesure donc un peu plus d'1 mètre. Plus de longueur de cuivre, c'est plus de résistance.

La norme tolère un peu plus. Comme la section est définie par la résistance maximale, la classe 5 a simplement droit à une valeur plus haute que la classe 1 ou 2.

📊 Résistance maximale à 20 °C, cuivre nu (IEC 60228)

SectionRigide (classe 1 ou 2)Souple (classe 5)Écart
1,5 mm²
12,1 Ω/km
13,3 Ω/km
+10 %
2,5 mm²
7,41 Ω/km
7,98 Ω/km
+8 %
4 mm²
4,61 Ω/km
4,95 Ω/km
+7 %
6 mm²
3,08 Ω/km
3,30 Ω/km
+7 %
10 mm²
1,83 Ω/km
1,91 Ω/km
+4 %
16 mm²
1,15 Ω/km
1,21 Ω/km
+5 %
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À retenir de ce tableau : l'écart va d'environ 4 % à 8 % sur les sections qu'on rencontre dans une installation de borne (2,5 mm² à 16 mm²). Il est plus marqué sur les petites sections. Ce sont des valeurs maximales : un câble réel est souvent un peu en dessous. Source : tableau IEC 60228 publié par Nexans.

4. Ce que dit la NF C 15-100 : un seul coefficient pour tout le cuivre

La norme d'installation ne raisonne pas en classe d'âme. Pour calculer une chute de tension, la NF C 15-100 (article 525 de la partie 5-52, repris par le guide UTE C 15-105) utilise la résistivité du cuivre en service normal, c'est-à-dire échauffé : 0,023 Ω·mm²/m, soit 1,25 fois la résistivité à 20 °C. Ce coefficient 1,25 couvre l'échauffement du conducteur quand il transporte du courant.

Cette valeur est la même pour un câble souple et pour un câble rigide. Aucune ligne de la formule ne demande si l'âme est massive ou en brins. Dans la note de calcul, un 10 mm² souple et un 10 mm² rigide donnent donc exactement la même chute de tension.

Même chose pour le courant admissible. Le guide UTE C 15-105 précise que ses tableaux de courants admissibles s'appliquent aussi aux câbles souples utilisés en installation fixe. À isolant identique, pas de tableau à part pour le souple.

Les limites à respecter ne changent pas non plus : pour une installation alimentée par le réseau public basse tension, la chute de tension entre l'origine de l'installation et le point d'utilisation ne doit pas dépasser 3 % pour l'éclairage et 5 % pour les autres usages, dont la borne de recharge.

La formule de chute de tension en monophasé

Chute de tension d'un circuit monophasé (NF C 15-100)
💡 Explication : L = longueur du circuit (m), I = courant (A), S = section (mm²), ρ1 = 0,023 Ω·mm²/m pour le cuivre, λ = 0,08 mΩ/m. Pour une borne de recharge, cos φ = 1 : le second terme disparaît et il reste ΔU = 2 × L × I × ρ1 / S.
Pourquoi cos φ = 1 pour une borne ? Le chargeur embarqué du véhicule corrige son facteur de puissance. Nous détaillons ce point, et le piège du cos φ = 0,8 par défaut, dans notre guide sur le cos phi en IRVE.

5. Exemple chiffré : une borne 7,4 kW à 50 mètres du tableau

Prenons un cas classique : une borne 7,4 kW en monophasé 230 V, qui appelle 32 A, raccordée en 10 mm² sur 50 mètres. On compare trois calculs : celui de la norme, puis deux calculs « physiques » qui partent de la résistance maximale de chaque classe, multipliée par le même coefficient d'échauffement 1,25.

Calcul de la norme : ΔU = 2 × 50 × 32 × 0,023 / 10 = 7,36 V, soit 3,20 % de 230 V. Même résultat en souple et en rigide.

Calcul physique, rigide : résistance de la boucle aller-retour 100 m × 1,83 Ω/km × 1,25 = 0,229 Ω. Chute : 0,229 × 32 = 7,32 V, soit 3,18 %.

Calcul physique, souple : 100 m × 1,91 Ω/km × 1,25 = 0,239 Ω. Chute : 0,239 × 32 = 7,64 V, soit 3,32 %.

Ce qu'on lit dans ces chiffres : la valeur de la norme (0,023 = 1,25 × 0,01851) colle à la résistance d'un câble rigide. Le souple, lui, la dépasse légèrement.

📏 Borne 7,4 kW, 32 A, 10 mm², 50 m, monophasé 230 V

MéthodeRigideSoupleÉcart
NF C 15-100 (ρ1 = 0,023)
3,20 %
3,20 %
aucun
Résistance max IEC 60228 × 1,25
3,18 %
3,32 %
0,14 point
Limite à respecter
5 %
5 %
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Verdict : 0,14 point d'écart entre souple et rigide, soit environ 0,3 volt, et 0,12 point au-dessus du calcul normatif. Sur une ligne à 3 %, cela ne change rien au choix de la section. Il n'y a pas lieu de passer à la section supérieure simplement parce que le câble est souple.

⚠️ Le seul cas où l'écart mérite d'être regardé

Quand le calcul tombe au ras de la limite. Si votre note de calcul donne 4,9 % en rigide, le même tracé en souple sera physiquement autour de 5,1 % à 5,3 % selon la section.

La note reste conforme, puisque la norme calcule pareil. Mais une ligne sans aucune marge se paie ailleurs : câble plus chaud, recharge qui se coupe quand la tension du réseau baisse. Dans ce cas, la bonne décision est de prendre la section au-dessus, que le câble soit souple ou rigide.

6. Le vrai piège du câble souple : le raccordement

La différence qui compte sur le terrain n'est pas dans le câble, elle est dans la borne à vis. Un conducteur rigide se serre franchement : l'âme ne bouge pas. Un conducteur souple, serré nu, voit ses brins s'écarter, se couper ou se tasser sous la vis.

Résultat : un serrage qui se relâche avec le temps. La surface de contact diminue, la résistance du contact augmente, et c'est là que ça chauffe. Sur une borne de recharge qui tire 32 A pendant des heures, un mauvais contact est une vraie source d'échauffement, sans commune mesure avec les 4 % de résistance du câble.

La bonne pratique : un embout de câblage serti, du calibre exact de la section, posé à la pince à sertir adaptée, sur chaque extrémité de conducteur souple qui entre dans une borne à vis. La NF C 15-100 ne l'impose pas en toutes lettres, mais c'est la règle de l'art, et de nombreuses notices de fabricants l'exigent.

✅ Raccorder un câble souple dans les règles

Les gestes qui évitent l'échauffement :

  • Embout serti à chaque extrémité : calibre identique à la section du conducteur (embout 10 mm² pour du 10 mm²), sertissage à la pince prévue pour ce calibre

  • Jamais de brins étamés à l'étain sous une vis : l'étain flue sous la pression et le serrage se relâche avec le temps (pratique reconnue, longtemps écrite noir sur blanc dans la norme allemande VDE 0100-520)

  • Couple de serrage du fabricant : il est indiqué dans la notice du disjoncteur ou de la borne, on le respecte à la clé dynamométrique

  • Contrôle visuel : aucun brin ne dépasse de l'embout ni de la borne

  • Vérifier la notice de l'appareil : certaines bornes de raccordement ont des exigences propres sur les conducteurs souples

7. Alors, souple ou rigide pour une borne de recharge ?

Pour la ligne entre le tableau et la borne, le rigide reste le choix courant, typiquement du U-1000 R2V. Il se tire bien dans un fourreau ou sur un chemin de câbles et se raccorde sans accessoire.
Le souple a sa place quand le tracé est tourmenté, dans un tableau où il faut plier dans peu de place, ou pour des liaisons courtes. Il n'est pas « moins bon » : il demande juste un raccordement soigné.
Dans les deux cas, la section se choisit de la même façon : courant de la borne, calibre de la protection, mode de pose, longueur et chute de tension. Nos techniciens certifiés IRVE font ce calcul pour chaque installation, avec les protections électriques adaptées. Et si vous hésitez à faire vous-même, lisez d'abord notre point sur les risques d'une installation de borne sans professionnel.
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Ce qu'il faut retenir

💡
Physiquement, un câble souple résiste de 4 % à 8 % de plus qu'un rigide de même section (IEC 60228)
💡
Normativement, la NF C 15-100 calcule la chute de tension avec la même résistivité pour les deux : aucune différence dans la note de calcul
💡
En pratique, l'écart est de quelques dixièmes de point : pas de changement de section à cause du souple
💡
Si la ligne est au ras des 5 %, on prend la section au-dessus, quel que soit le câble
💡
Le point critique du souple, c'est l'embout serti : un mauvais contact chauffe bien plus qu'un câble un peu plus résistant

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Questions fréquentes

Un câble souple 10 mm² a-t-il la même résistance qu'un câble rigide 10 mm² ?

Presque, mais pas tout à fait. La norme IEC 60228 autorise au maximum 1,83 Ω/km pour un 10 mm² rigide et 1,91 Ω/km pour un 10 mm² souple, soit environ 4 % d'écart.

L'écart vient de la torsade des brins, qui allonge un peu le chemin du courant, et du fait que la section nominale est définie par une résistance maximale et non par une surface mesurée.

Dois-je prendre une section plus grosse si j'utilise du câble souple ?

Non, pas pour cette seule raison. La NF C 15-100 calcule la chute de tension avec la même résistivité du cuivre pour le souple et le rigide, et l'écart physique reste de quelques dixièmes de point.

La seule situation où la section supérieure se justifie, c'est une ligne déjà au ras de la limite de 5 %. Et dans ce cas, elle se justifie aussi en rigide.

La NF C 15-100 fait-elle une différence entre câble souple et rigide ?

Non, ni pour la chute de tension ni pour le courant admissible. La formule utilise la résistivité du cuivre en service normal (0,023 Ω·mm²/m), identique quelle que soit la classe de l'âme. Et le guide UTE C 15-105 applique les mêmes tableaux de courants admissibles aux câbles souples posés en installation fixe.

La différence se joue au raccordement, où le souple demande des embouts de câblage sertis.

Les embouts sont-ils obligatoires sur un câble souple ?

La NF C 15-100 ne les impose pas en toutes lettres, mais c'est la règle de l'art dès qu'un conducteur souple entre dans une borne à vis. L'embout serti maintient les brins ensemble et garantit un serrage durable.

Lisez aussi la notice de l'appareil : beaucoup de disjoncteurs et de bornes de raccordement indiquent les sections admises « avec embout » pour le souple. Un embout du mauvais calibre, ou serti à la pince universelle, fait perdre tout l'intérêt.

Peut-on étamer les brins d'un câble souple au lieu de mettre un embout ?

Non, pas sous une vis de serrage. L'étain est un métal mou qui flue sous la pression : avec le temps et les cycles de chauffe, le serrage se relâche et le contact se dégrade.

L'embout serti est la solution adaptée.

Quel câble pour relier le tableau à une borne de recharge ?

Le plus courant est un câble rigide U-1000 R2V, dont la section dépend de la puissance de la borne, de la longueur et du mode de pose. Pour une borne 7,4 kW en monophasé, on part souvent sur du 10 mm², à confirmer par le calcul de chute de tension.

Chez Bornetik IDF, cette section est calculée pour chaque installation lors de la visite préalable.

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