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Cos Phi en IRVE : Comprendre le Piège du Facteur de Puissance

Guide expert dimensionnement câbles • Formule NF C 15-100 • Chute de tension réelle • Erreurs fréquentes à éviter • Bornetik IDF

Cos Phi en IRVE : Comprendre le Piège du Facteur de Puissance
Publié le 09/01/2026Équipe Bornetik IDFtechnique
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Ce que vous devez absolument savoir sur le cos phi en IRVE

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Le piège classique : Utiliser cos phi = 0,8 par défaut sous-estime la chute de tension réelle en IRVE
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Réalité terrain : Les bornes AC modernes avec PFC ont un cos phi proche de 1, pas 0,8
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Impact concret : 50 m en 10 mm² à 32A passe avec cos phi 0,8 (2,63%) mais échoue avec cos phi 1 (3,2%)
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Règle professionnelle : Toujours dimensionner avec cos phi = 1 pour les installations IRVE
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Formule NF C 15-100 : Comprendre les composantes résistive et réactive du calcul de chute de tension

1. Introduction : Le cos phi, ce paramètre crucial souvent mal compris

Le facteur de puissance (cos phi) représente l'un des paramètres les plus sous-estimés dans le dimensionnement des installations IRVE. Cette grandeur électrique, pourtant fondamentale, est à l'origine de nombreuses erreurs de calcul qui conduisent à des installations sous-dimensionnées et potentiellement non conformes.

Le piège classique touche même les électriciens expérimentés : appliquer machinalement la valeur par défaut de cos phi = 0,8 mentionnée dans la norme NF C 15-100 sans vérifier sa pertinence pour les bornes de recharge. Cette approximation, valable pour de nombreux équipements industriels, devient dangereusement optimiste pour les installations IRVE modernes.

Ce guide technique expert vous révèle pourquoi le cos phi des bornes AC diffère radicalement des valeurs conventionnelles, comment la formule de chute de tension NF C 15-100 intègre ce paramètre, et surtout comment dimensionner correctement vos câbles en évitant les erreurs coûteuses qui nécessiteraient un remplacement ultérieur.

2. Qu'est-ce que le facteur de puissance (cos phi) ?

Le facteur de puissance, noté cos phi (φ), mesure le rapport entre la puissance active réellement utilisée et la puissance apparente totale. En courant alternatif, l'énergie peut être soit transformée en travail utile (puissance active, en W), soit stockée temporairement dans les inductances et capacités du circuit (puissance réactive, en VAR).

Pour un circuit purement résistif comme un radiateur électrique, cos phi = 1 : toute l'énergie fournie est directement convertie en chaleur. Pour un moteur électrique traditionnel sans correction, cos phi descend typiquement entre 0,7 et 0,85 : une partie de l'énergie est 'perdue' dans la création de champs magnétiques nécessaires au fonctionnement mais qui ne produisent pas directement de travail mécanique.

La norme NF C 15-100 stipule qu'en l'absence d'indications précises du constructeur, on doit utiliser cos phi = 0,8 pour les calculs de dimensionnement. Cette valeur conventionnelle, prudente pour l'industrie traditionnelle, ne reflète pas la réalité technologique des bornes de recharge modernes.

📐 Formules fondamentales du facteur de puissance

Relation puissance : P (active, W) = U × I × cos phi

Puissance apparente : S (VA) = U × I

Puissance réactive : Q (VAR) = U × I × sin phi

Théorème de Pythagore : S² = P² + Q²

Facteur de puissance : cos phi = P / S = Puissance active / Puissance apparente

Pourquoi le cos phi impacte la chute de tension

La formule de chute de tension NF C 15-100 intègre deux composantes distinctes : une composante résistive proportionnelle au cos phi, et une composante réactive proportionnelle au sin phi. Cette distinction reflète la nature physique du courant alternatif qui comporte une partie en phase avec la tension (résistive) et une partie déphasée (réactive).

Sur les longueurs et sections courantes en installation résidentielle, la résistance linéique R domine largement la réactance linéique X (typiquement λ = 0,08 mΩ/m selon NF C 15-100). Conséquence directe : la composante résistive du calcul (proportionnelle à R × cos phi) pèse beaucoup plus lourd que la composante réactive (proportionnelle à X × sin phi).

Le paradoxe apparent émerge de cette asymétrie : si vous diminuez le cos phi de 1 à 0,8, vous réduisez la composante résistive dominante (cos phi diminue de 1 à 0,8, soit -20%) mais vous augmentez la composante réactive minoritaire (sin phi augmente de 0 à 0,6). Le résultat net est une chute de tension calculée plus faible, permettant théoriquement une longueur de câble plus importante pour une section donnée.

Cette situation crée un piège dangereux : utiliser un cos phi de 0,8 alors que la borne réelle fonctionne à cos phi proche de 1 conduit à sous-estimer la chute de tension réelle de 15 à 25% selon la configuration. Le câble dimensionné avec cos phi = 0,8 se révèle alors insuffisant en conditions réelles d'exploitation.

3. Le cos phi réel des bornes de recharge IRVE

Les bornes de recharge AC modernes intègrent systématiquement des circuits de correction du facteur de puissance (PFC - Power Factor Correction). Cette technologie électronique, désormais standardisée dans l'industrie, redresse et filtre le courant pour obtenir une forme d'onde quasi-sinusoïdale en phase avec la tension du réseau. Pour comprendre les différences entre puissances de bornes, consultez notre guide comparatif des puissances de recharge.

Le chargeur embarqué du véhicule électrique constitue la pièce maîtresse : il convertit le courant alternatif du réseau en courant continu pour alimenter la batterie. Cette conversion s'effectue via des redresseurs actifs à PFC qui garantissent un facteur de puissance typiquement supérieur à 0,95, et fréquemment supérieur à 0,98 sur les modèles récents.

Les fabricants de véhicules électriques optimisent agressivement le cos phi pour trois raisons techniques majeures : réduire les pertes en ligne et maximiser l'efficacité énergétique, minimiser la section des câbles embarqués et réduire le poids du véhicule, et respecter les normes de qualité réseau imposées par les distributeurs d'électricité qui pénalisent les cos phi faibles.

📊 Facteurs de puissance mesurés en conditions réelles

Données constructeurs et mesures terrain sur installations IRVE :

  • Bornes AC 7,4 kW monophasé : Cos phi mesuré entre 0,96 et 0,99 selon modèles (Wallbox, Schneider, Legrand)

  • Bornes AC 11 kW triphasé : Cos phi entre 0,95 et 0,98 en charge équilibrée sur les 3 phases

  • Bornes AC 22 kW triphasé : Cos phi entre 0,94 et 0,97 selon qualité de l'électronique de puissance

  • Véhicules électriques récents : Tesla Model 3/Y > 0,97, Renault Zoé > 0,95, Volkswagen ID.3/4 > 0,96

  • Norme IEC 61851 : Exigence minimale cos phi > 0,90 pour homologation des bornes de recharge

⚠️ Erreur fréquente : appliquer aveuglément cos phi = 0,8

La norme NF C 15-100 indique : 'En l'absence d'indications précises sur le cos phi, utiliser 0,8 par défaut.'

Mais attention : Cette règle s'applique aux équipements industriels classiques (moteurs, transformateurs) dont on ne connaît pas les caractéristiques. Pour les bornes IRVE, vous avez des indications précises !

Conséquence : Dès que vous installez une borne de recharge, vous n'êtes plus 'en l'absence d'indications' - vous devez utiliser le cos phi réel de l'équipement IRVE, soit proche de 1.

4. Formule NF C 15-100 : décryptage technique

La formule de chute de tension de la norme NF C 15-100 constitue le cœur du dimensionnement des câbles. Comprendre sa structure mathématique et physique permet d'éviter les erreurs d'interprétation qui conduisent à des installations non conformes ou surdimensionnées. Pour une vue complète de la norme applicable aux IRVE, consultez notre guide NF C 15-100-722 IRVE 2025.

Formule générale pour circuits monophasés

Pour un circuit monophasé 230V (câble aller-retour), la formule complète de chute de tension est définie par la norme NF C 15-100.

Formule de chute de tension monophasé NF C 15-100
💡 Explication : ΔU = chute de tension (V), L = longueur (m), I = intensité (A), R = résistance linéique (Ω/m), X = réactance linéique (Ω/m), φ = angle de déphasage

Le coefficient 2 provient du fait que le courant parcourt l'aller ET le retour (conducteur de phase et conducteur de neutre), doublant ainsi la longueur effective du circuit résistif. Cette particularité du monophasé distingue le calcul de celui du triphasé où le coefficient devient √3 ≈ 1,732.

La résistance linéique R dépend directement de la section du câble et du matériau conducteur. Pour le cuivre à 20°C, les valeurs standardisées sont : 10 mm² → 1,83 mΩ/m, 16 mm² → 1,15 mΩ/m, 25 mm² → 0,727 mΩ/m. Ces valeurs augmentent avec la température selon un coefficient de 0,4% par degré Celsius.

La réactance linéique X représente l'impédance inductive du câble liée aux champs magnétiques créés par le passage du courant alternatif. La norme NF C 15-100 propose une valeur par défaut de λ = 0,08 mΩ/m pour les câbles standards, valeur généralement conservative qui majore légèrement les calculs.

Variables de la formule de chute de tension :

  • ΔU : Chute de tension en volts [V]

  • L : Longueur du câble en mètres [m]

  • I : Intensité en ampères [A]

  • R : Résistance linéique en ohms par mètre [Ω/m]

  • X : Réactance linéique en ohms par mètre [Ω/m]

  • cos phi : Facteur de puissance

  • sin phi : √(1 - cos²phi)

Analyse de la composante résistive vs réactive

Comparons numériquement les deux composantes sur un exemple concret : installation de 50 m, section 10 mm² (R = 1,83 mΩ/m), intensité 32A, tension 230V monophasé, réactance standard λ = 0,08 mΩ/m.

L'écart entre les deux calculs atteint 1,02 V, soit 0,45% de la tension nominale. Cette différence peut sembler marginale mais devient critique lorsqu'on se situe à la limite des 3% réglementaires : une installation calculée à 2,85% avec cos phi = 0,8 dépassera en réalité 3,25% avec cos phi = 1, la rendant non conforme.

Le phénomène s'explique par la domination écrasante de la composante résistive : avec R = 1,83 mΩ/m et X = 0,08 mΩ/m, le rapport R/X atteint 22,9. Même lorsque sin phi augmente significativement (de 0 à 0,6 quand cos phi passe de 1 à 0,8), la composante réactive reste 15 à 20 fois plus faible que la composante résistive.

Avec cos phi = 1 (borne IRVE réelle) :

  • Composante résistive : 2 × 50 × 32 × (1,83 × 10⁻³ × 1) = 5,86 V

  • Composante réactive : 2 × 50 × 32 × (0,08 × 10⁻³ × 0) = 0 V

  • Chute totale : 5,86 V soit 2,55% de 230V

Avec cos phi = 0,8 (erreur classique) :

  • Composante résistive : 2 × 50 × 32 × (1,83 × 10⁻³ × 0,8) = 4,69 V

  • Composante réactive : 2 × 50 × 32 × (0,08 × 10⁻³ × 0,6) = 0,15 V

  • Chute totale : 4,84 V soit 2,10% de 230V

5. Exemple chiffré détaillé : le piège des 50 mètres

Analysons un cas réel fréquemment rencontré : installation d'une wallbox 7,4 kW monophasé (32A sous 230V) située à 50 mètres du tableau électrique principal. L'électricien envisage une section de 10 mm² en cuivre et doit vérifier la conformité avec la limite de 3% de chute de tension imposée par la norme.

Calcul avec cos phi = 0,8 (approche erronée)

Données de calcul : L = 50 m, I = 32 A, R = 1,83 mΩ/m (10 mm²), X = 0,08 mΩ/m, cos φ = 0,8, sin φ = 0,6, U = 230 V.

Chute de tension calculée avec cos φ = 0,8

Pourcentage de chute : 4,84 / 230 = 2,10% → Conclusion apparente : Installation CONFORME (< 3%), section 10 mm² validée.

Cette conclusion est dangereusement trompeuse car elle repose sur un cos phi de 0,8 qui ne correspond pas à la réalité des bornes de recharge modernes. L'électricien valide l'installation sur la base d'un calcul théorique qui sous-estime la chute de tension réelle de près de 20%.

Calcul avec cos phi = 1 (réalité IRVE)

Données de calcul identiques sauf cos φ = 1 donc sin φ = 0.

Chute de tension calculée avec cos φ = 1 (valeur réelle IRVE)

Pourcentage de chute : 5,86 / 230 = 2,55% → Conclusion réelle : Installation CONFORME mais proche de la limite (< 3%).

L'écart de calcul atteint 1,02 V soit 0,45% - apparemment faible, mais représentant 21% d'augmentation relative par rapport au calcul erroné. Si l'installation était dimensionnée pile à la limite des 3% avec cos phi = 0,8, elle dépasserait largement cette limite en conditions réelles.

⚠️ Impact critique sur la limite de 3%

Scénario limite : Imaginons que l'électricien calcule exactement 3,00% de chute avec cos phi = 0,8.

Augmentation proportionnelle : Avec cos phi = 1, la chute réelle atteindrait 3,00% × (5,86/4,84) = 3,63%

Résultat : Installation NON CONFORME dépassant les 3% réglementaires.

Conséquence de l'erreur : Dépose complète du câble existant et pose d'un nouveau câble de section supérieure — une intervention lourde et évitable avec un dimensionnement correct dès le départ.

📊 Tableau comparatif complet 50 m / 10 mm² / 32A

ParamètreCos phi = 0,8Cos phi = 1Écart
Composante résistive
4,69 V
5,86 V
+1,17 V
Composante réactive
0,15 V
0 V
-0,15 V
Chute totale (V)
4,84 V
5,86 V
+1,02 V
Chute totale (%)
2,10%
2,55%
+0,45%
Conformité 3%
✅ OK (marge 30%)
✅ OK (marge 15%)
Risque
Longueur max théorique
71,4 m
58,8 m
-12,6 m
Configuration : 230V monophasé, 32A, 10 mm² cuivre, λ = 0,08 mΩ/m
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Solution technique : passage en 16 mm²

Si la distance de 50 m est imposée et non modifiable, la solution professionnelle consiste à augmenter la section du câble pour réduire la résistance linéique et garantir une marge de sécurité suffisante.

Chute de tension avec section 16 mm² et cos φ = 1

Bénéfice concret : Installation avec marge confortable de 46% par rapport à la limite des 3%, garantissant conformité même en conditions dégradées (température élevée, vieillissement du câble, variations de tension réseau). Le passage à une section supérieure évite tout risque de non-conformité lors du contrôle Consuel et garantit performance optimale sur toute la durée de vie de l'installation.

6. Règle pratique professionnelle pour installations IRVE

Fort de cette analyse technique détaillée, établissons une méthodologie de dimensionnement sécurisée pour toutes les installations de bornes de recharge. Cette approche pragmatique, validée par l'expérience terrain, garantit conformité réglementaire et performance à long terme.

✅ Méthodologie de dimensionnement en 4 étapes

Protocole professionnel pour électriciens IRVE :

  • Étape 1 : Fixer la limite de chute de tension - 3% maximum pour 'autres usages' selon NF C 15-100 tableau 52W (5% tolérés pour éclairage et chauffage uniquement)

  • Étape 2 : Utiliser systématiquement cos phi = 1 - Valeur réaliste pour bornes AC modernes avec PFC, approche conservative garantissant conformité

  • Étape 3 : Calculer avec formule complète NF C 15-100 - Intégrer résistance linéique selon section, réactance standard 0,08 mΩ/m, coefficient 2 pour monophasé

  • Étape 4 : Vérifier marge de sécurité - Viser 2,5% maximum pour conserver 0,5% de marge face aux variations (température, vieillissement, tension réseau)

Solutions alternatives si la section devient trop importante

Situation critique : Lorsque le calcul impose une section de câble économiquement déraisonnable (35 mm² ou plus) ou physiquement difficile à installer, trois alternatives techniques s'offrent à vous.

Alternative 1 : Réduire la distance de câblage - Déplacer le tableau divisionnaire plus proche du point de charge, créer un tableau secondaire dédié IRVE alimenté en section appropriée depuis le tableau principal. Économie réalisée sur la longueur de câble compense souvent le coût du tableau additionnel.

Alternative 2 : Passer en triphasé - Pour les bornes 11 kW ou 22 kW, le triphasé divise le courant par phase (32A triphasé = 10,7A par phase contre 32A monophasé). La formule de chute devient : ΔU = √3 × L × I × (R × cos phi + X × sin phi), réduisant le coefficient de 2 à 1,732 et distribuant la charge.

Alternative 3 : Segmenter l'installation - Créer une montée de puissance intermédiaire avec câble adapté jusqu'à point de distribution central, puis distribution finale en sections moindres. Cette architecture convient particulièrement aux installations multiples (copropriétés, parkings d'entreprise).

💡 Conseil expert : anticipation et validation

Avant toute commande de matériel :

• Mesurez précisément la distance réelle (pas en ligne droite mais parcours effectif du câble) • Calculez avec cos phi = 1 systématiquement • Validez la section avec un tableur ou logiciel de dimensionnement • Prévoyez marge de sécurité 15-20% pour évolutions futures

Conseil ultime : En cas de doute entre deux sections, choisissez toujours la supérieure - le surcoût de 100-200€ est négligeable face au coût d'un remplacement ultérieur (800-1500€).

📏 Longueurs maximales recommandées par section (cos phi = 1)

Section câbleRésistance (mΩ/m)Longueur max 3%Longueur max 2,5%Usage recommandé
6 mm²
3,08
22,6 m
18,8 m
Distances courtes uniquement
10 mm²
1,83
38,0 m
31,7 m
Standard résidentiel < 30 m
16 mm²
1,15
60,5 m
50,4 m
Distances moyennes 30-50 m
25 mm²
0,727
95,7 m
79,8 m
Longues distances 50-80 m
35 mm²
0,524
133 m
111 m
Très longues distances > 80 m
Calcul : 230V monophasé, 32A, cos phi = 1, λ = 0,08 mΩ/m. Triphasé : diviser courant par √3
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7. Cas particuliers et situations complexes

Au-delà du cas standard monophasé résidentiel, certaines configurations nécessitent une analyse approfondie des phénomènes électriques en jeu. Ces situations particulières révèlent toute la complexité du dimensionnement professionnel.

Installation triphasée : calcul spécifique

Le passage en triphasé modifie substantiellement la formule de chute de tension en raison de la répartition du courant sur trois phases distinctes. Cette configuration devient obligatoire pour les bornes 11 kW et 22 kW.

Formule de chute de tension triphasé équilibré NF C 15-100
💡 Explication : I représente le courant par phase, pas le courant total

Exemple borne 11 kW triphasé : Puissance 11 000 W, tension composée 400V, courant par phase I = 11000 / (√3 × 400) = 15,9A. Pour 50 m en 6 mm² (R = 3,08 mΩ/m) avec cos phi = 1 : ΔU = 1,732 × 50 × 15,9 × 3,08×10⁻³ = 4,24V, soit 1,06% de chute → CONFORME largement. Pour plus de détails sur les installations en copropriété avec triphasé, consultez notre guide installation IRVE entreprise.

Avantage décisif du triphasé : À puissance égale, le courant par phase est divisé par √3 ≈ 1,73, réduisant drastiquement les pertes en ligne. Une borne 11 kW triphasé (16A par phase) génère moins de pertes qu'une borne 7,4 kW monophasé (32A), malgré une puissance supérieure de 50%.

Température de service et coefficients correctifs

La résistance électrique du cuivre augmente avec la température selon un coefficient thermique positif de +0,4% par degré Celsius. Un câble en service à 70°C (température maximale admissible) présente une résistance 20% supérieure à celle mesurée à 20°C (température de référence des tableaux normatifs).

Coefficient correctif température pour résistance cuivre
💡 Explication : Pour T_service = 70°C : R_70 = R_20 × 1,20 (+20%)

En pratique, les câbles IRVE ne fonctionnent généralement pas à température maximale car les bornes de recharge résidentielles chargent principalement la nuit avec des durées longues (6-8h) à courant constant modéré. La température de câble se stabilise typiquement entre 40°C et 50°C en service normal.

Recommandation professionnelle : Appliquer un coefficient correctif de température de +10% sur la résistance linéique pour les calculs de dimensionnement, ce qui équivaut à une température de service de 45°C. Cette approche conservative garantit conformité même lors des charges estivales par forte chaleur.

Câbles en parallèle et déséquilibre triphasé

Certaines installations complexes nécessitent plusieurs câbles en parallèle pour véhiculer l'intensité totale sans dépasser les sections commercialement disponibles. Cette configuration nécessite précautions particulières pour garantir répartition équitable du courant.

Règle de mise en parallèle : Les câbles doivent être rigoureusement identiques (même section, même longueur, même matériau, même fabricant) et cheminer ensemble dans le même conduit pour assurer même température de service. Un déséquilibre de longueur de seulement 2m sur 50m peut créer une différence de résistance de 4%, conduisant à une répartition 52%/48% du courant.

En triphasé, le déséquilibre des phases constitue un risque majeur souvent négligé lors des installations multiples. Si trois bornes monophasées se connectent anarchiquement sur les phases, une phase peut supporter 100% de charge pendant que les deux autres restent à 0%, triplant le courant et la chute de tension sur cette phase malheureuse.

Solution professionnelle : Installer un répartiteur de charge (load balancer) qui distribue automatiquement les bornes sur les trois phases pour garantir équilibrage permanent. Ces dispositifs, coûtant 300€ à 800€, s'amortissent rapidement en évitant surdimensionnement du câblage et déclenchements intempestifs.

8. Sources officielles et références normatives

Ce guide technique s'appuie exclusivement sur les normes et réglementations officielles en vigueur en France pour les installations électriques basse tension et les infrastructures de recharge des véhicules électriques.

📚 Références normatives officielles

NF C 15-100 : Norme française installations électriques basse tension (<1000V), section 7-722 spécifique IRVE.

Tableau 52W (NF C 15-100) : Chutes de tension maximales admissibles - 3% pour 'autres usages' dont IRVE.

IEC 61851 : Norme internationale système de charge conductive véhicules électriques, exigence cos phi > 0,90.

Arrêté du 3 août 2016 : Installation électrique extérieure, qualification IRVE P1/P2/P3.

Guide UTE C 15-722 : Recommandations pratiques infrastructure recharge véhicules électriques.

🔍 Méthodologie de vérification

Validation des calculs et données techniques présentés :

  • Résistances linéiques : Valeurs extraites des tableaux normatifs NF C 15-100 annexe G, cuivre à 20°C

  • Formules de chute de tension : Conformes NF C 15-100 section 525, monophasé et triphasé équilibré

  • Facteurs de puissance : Données constructeurs (Wallbox, Schneider, Legrand) et mesures ADEME 2023-2024

  • Limites réglementaires : Tableau 52W NF C 15-100 édition en vigueur, 3% maximum 'autres usages'

  • Températures de service : NF C 15-100 section 523, température maximale conducteurs 70°C pour PVC

9. Conclusion : maîtriser le cos phi pour des installations conformes

Le facteur de puissance en installation IRVE représente bien plus qu'un simple paramètre théorique : il constitue la clé d'un dimensionnement correct qui garantit conformité réglementaire, performances optimales et pérennité de l'installation sur 20 ans d'exploitation.

Les trois enseignements critiques de ce guide expert : Utiliser systématiquement cos phi = 1 pour toute borne de recharge AC moderne équipée de PFC, comprendre que la formule NF C 15-100 intègre deux composantes (résistive dominante et réactive marginale) dont l'équilibre dépend du cos phi, et dimensionner avec marge de sécurité de 15-20% pour absorber les variations de température, vieillissement et fluctuations réseau.

L'erreur classique consistant à appliquer aveuglément cos phi = 0,8 conduit à sous-estimer la chute de tension réelle de 15 à 25% selon la configuration, plaçant l'installation en dehors des limites réglementaires et générant potentiellement des dysfonctionnements. Cette erreur, fréquente même chez les électriciens expérimentés peu familiers des spécificités IRVE, impose la dépose et le remplacement complet du câblage.

Nos électriciens certifiés IRVE maîtrisent parfaitement ces subtilités techniques et dimensionnent systématiquement vos installations avec les paramètres réels des équipements modernes. Cette expertise garantit conformité au premier contrôle Consuel, performances optimales dès la mise en service, et pérennité de l'investissement.

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Questions fréquentes

Pourquoi la norme NF C 15-100 indique cos phi 0,8 par défaut si les bornes IRVE sont à 1 ?

La valeur conventionnelle de cos phi = 0,8 s'applique 'en l'absence d'indications précises' sur l'équipement installé. Cette règle vise les moteurs électriques industriels, transformateurs et équipements anciens dont les caractéristiques exactes sont inconnues. Pour les bornes de recharge IRVE, vous disposez d'indications précises : les constructeurs spécifient le facteur de puissance, et la norme IEC 61851 impose un minimum de 0,90. Les bornes modernes avec PFC atteignent typiquement 0,95 à 0,99. Vous n'êtes donc plus 'en l'absence d'indications' et devez utiliser la valeur réelle proche de 1.

Quelle est la différence de chute de tension entre cos phi 0,8 et cos phi 1 sur mon installation ?

L'écart dépend de la configuration mais représente typiquement 15% à 25% d'augmentation de chute de tension en passant de cos phi 0,8 à cos phi 1. Sur l'exemple détaillé (50m, 10mm², 32A), la chute passe de 4,84V (2,10%) avec cos phi 0,8 à 5,86V (2,55%) avec cos phi 1, soit +21% d'augmentation relative. Cet écart peut faire basculer une installation de CONFORME (< 3%) à NON CONFORME (> 3%) si vous étiez dimensionné juste à la limite. La raison physique : sur sections courantes, la résistance linéique (composante proportionnelle à cos phi) domine largement la réactance (composante proportionnelle à sin phi).

Comment calculer rapidement la section de câble nécessaire pour ma borne IRVE ?

Méthodologie rapide en 4 étapes : 1) Déterminez l'intensité (7,4 kW mono = 32A, 11 kW tri = 16A/phase, 22 kW tri = 32A/phase). 2) Mesurez la distance réelle du parcours de câble (pas en ligne droite). 3) Utilisez la formule simplifiée ΔU = 2 × L × I × R (monophasé) avec cos phi = 1. 4) Choisissez la section donnant chute < 2,5% pour garder marge sécurité. Exemple : 30m, 32A mono → ΔU = 2 × 30 × 32 × R. Pour 10mm² (R=1,83 mΩ/m) : ΔU = 3,51V (1,53%) → OK. Pour aide au calcul, consultez nos experts IRVE qui dimensionnent gratuitement votre installation.

Le triphasé réduit-il vraiment la section de câble nécessaire ?

Oui, substantiellement. Le triphasé divise le courant par √3 (1,73) à puissance égale, réduisant drastiquement les pertes en ligne. Exemple concret : borne 11 kW monophasé nécessite 48A (impossible sur abonnement standard) tandis que 11 kW triphasé ne demande que 16A par phase. Sur 50m, une borne 11 kW mono nécessiterait 25mm² pour rester sous 3% de chute, tandis que 11 kW tri se contente de 10mm². Économie : environ 400€ de câble sur 50m. Attention cependant : votre installation doit disposer du triphasé (vérifier au tableau principal) et le véhicule doit accepter la charge triphasée (vérifier fiche technique).

Que risque-t-on concrètement avec un câble sous-dimensionné ?

Les risques sont multiples et graves. 1) Non-conformité réglementaire : Refus Consuel bloquant la mise en service, obligation de remplacement (800-1500€). 2) Échauffement excessif : Vieillissement prématuré de l'isolant, risque d'incendie si température dépasse 90-100°C. 3) Chute tension excessive : Borne qui se met en sécurité ou charge très lentement, tensions trop basses endommageant l'électronique du chargeur embarqué. 4) Pertes énergétiques : Jusqu'à 5-8% de l'énergie dissipée en chaleur dans le câble, soit 200-400€/an de surcoût. 5) Déclenchements intempestifs : Disjoncteur différentiel qui saute en raison des courants de fuite amplifiés. Le dimensionnement correct dès l'installation évite tous ces problèmes.

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