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Projet EVVE : La Première Batterie Virtuelle V2G de 8 MW en Europe

DREEV déploie 800 bornes bidirectionnelles pour créer un stockage décentralisé révolutionnaire • 25000 tonnes CO2 évitées • Cofinancement européen

Projet EVVE : La Première Batterie Virtuelle V2G de 8 MW en Europe
Publié le 06/01/2026Équipe Bornetik IDFtechnique
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L'essentiel du projet EVVE en 5 points

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800 bornes V2G déployées dans toute l'Europe d'ici fin 2025 pour constituer une batterie virtuelle décentralisée de 8,36 MW
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Partenariat stratégique EDF, Volkswagen, Stellantis, Izivia, Enedis, Arval, BNP Paribas - consortium de poids lourds européens
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Impact environnemental : 25000 tonnes de CO2 évitées grâce à l'optimisation de la charge et la réduction des pics de consommation
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Cofinancement européen via le Fonds d'Innovation pour accélérer la décarbonation du secteur des transports
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Orchestration intelligente en temps réel selon l'état de charge des batteries, les besoins utilisateurs, les tarifs électriques et les contraintes réseau

EVVE : Qu'est-ce que ce projet révolutionnaire ?

Le projet EVVE (Electric Vehicle Virtual Energy) porté par DREEV, filiale d'EDF, représente une première mondiale dans le domaine de la flexibilité énergétique. L'objectif : transformer 800 véhicules électriques en une centrale de stockage virtuelle de 8,36 MW grâce à la technologie V2G (Vehicle-to-Grid).

🔋 Le principe de la batterie virtuelle décentralisée

Imaginez une centrale électrique sans infrastructure physique. C'est exactement ce que réalise EVVE : 800 véhicules électriques, équipés de bornes bidirectionnelles, forment un réseau de stockage décentralisé. Quand le réseau électrique a besoin d'énergie (pic de consommation), ces véhicules peuvent réinjecter de l'électricité. À l'inverse, quand la production est excédentaire (surplus éolien ou solaire), ils se rechargent.

DREEV orchestre cette flotte en temps réel via une plateforme d'intelligence artificielle. Chaque véhicule reste totalement disponible pour son propriétaire, qui définit ses contraintes (autonomie minimale, plages horaires) via une application mobile. Le système optimise ensuite automatiquement les cycles de charge et décharge pour maximiser les revenus du propriétaire tout en apportant de la flexibilité au réseau.

Le projet EVVE va au-delà du simple pilotage intelligent de recharge (smart charging). Il s'agit de bidirectionnalité avancée : les véhicules deviennent des actifs énergétiques actifs, capables de stabiliser le réseau et de valoriser économiquement leur batterie durant les périodes d'inactivité.

8 MW : Combien ça représente vraiment ?

Pour comprendre l'ampleur du projet EVVE, comparons ces 8,36 MW à des références énergétiques concrètes. Les chiffres bruts ne parlent pas toujours, alors mettons-les en perspective.

⚛️ Comparaison avec une centrale nucléaire

Un réacteur nucléaire de type palier 900 MW (comme ceux de Paluel ou Gravelines) produit en moyenne 900 MW de puissance installée. Le projet EVVE, avec ses 8,36 MW, représente donc 0,93% de la puissance d'un seul réacteur nucléaire.

Pour relativiser : la France compte 56 réacteurs nucléaires produisant entre 900 et 1450 MW chacun. La puissance nucléaire totale installée est d'environ 61 GW (61000 MW). EVVE représente donc 0,014% de cette capacité nationale. Cela peut sembler dérisoire, mais c'est là toute la force du concept.

L'intérêt du V2G n'est pas de remplacer les centrales, mais de fournir de la flexibilité instantanée. Un réacteur nucléaire met des heures à moduler sa puissance. Les 800 véhicules EVVE peuvent injecter leurs 8 MW en quelques secondes pour lisser un pic de consommation ou absorber un surplus d'énergie renouvelable. C'est de la réactivité pure, pas de la production de base.

🏠 Alimentation électrique des foyers

Combien de foyers peut-on alimenter avec 8 MW ? Faisons le calcul avec des données réalistes. En France, la consommation électrique moyenne d'un foyer est d'environ 4700 kWh par an, soit environ 0,54 kW en consommation moyenne instantanée continue (4700 kWh ÷ 8760 heures). Toutefois, la puissance de pointe atteinte lors des périodes de forte consommation (hiver, 19h) est bien supérieure.

Avec 8 MW (8000 kW) disponibles instantanément, on peut théoriquement alimenter :

Attention : ces chiffres sont théoriques. En pratique, le projet EVVE n'a pas vocation à alimenter en continu des foyers, mais à fournir des services réseau ponctuels : effacement de pics de consommation, absorption de surplus renouvelables, stabilisation de fréquence. C'est de la flexibilité court terme, pas de l'alimentation en base.

  • En consommation moyenne continue : 8000 kW ÷ 0,54 kW = environ 14800 foyers

  • En puissance de pointe (19h, hiver) : avec une demande instantanée de 5 kW par foyer, cela donne 8000 ÷ 5 = 1600 foyers pendant les pics critiques

💨 Comparaison avec l'éolien offshore

Une éolienne offshore moderne (type Haliade-X de GE ou V236 de Vestas) développe une puissance installée de 12 à 15 MW par unité. Le projet EVVE, avec ses 8,36 MW, équivaut donc à environ 60-70% de la puissance d'une seule éolienne offshore géante.

Différence fondamentale : l'éolienne produit de l'électricité quand le vent souffle (facteur de charge de 40-50% en mer), tandis que le projet EVVE offre une capacité de stockage et de restitution pilotable à la demande. C'est toute la différence entre production intermittente et flexibilité programmable.

Le parc éolien en mer de Saint-Nazaire, premier parc offshore français opérationnel depuis novembre 2022, compte 80 éoliennes de 6 MW chacune, soit 480 MW au total selon RTE et le site officiel du projet. EVVE représente donc 1,67% de ce parc (8 MW / 480 MW). Mais encore une fois, la valeur du V2G réside dans sa réactivité et sa capacité à compenser les variations de production renouvelable, pas dans sa puissance brute.

Architecture technique du projet EVVE

Derrière les 8 MW annoncés se cache une infrastructure technique sophistiquée. Décryptons le fonctionnement réel de cette batterie virtuelle.

🔌 800 bornes bidirectionnelles déployées

Le déploiement s'étale sur toute l'année 2025 avec une montée en puissance progressive. Les 800 bornes sont réparties dans plusieurs pays européens (France, Allemagne, Belgique) pour tester différents cadres réglementaires et conditions d'usage.

  • Puissance unitaire : bornes AC bidirectionnelles de 11 kW (monophasé) ou 22 kW (triphasé) selon les installations

  • Calcul capacité totale : 800 véhicules × batterie moyenne 60 kWh = 48 MWh de stockage théorique

  • Puissance instantanée mobilisable : 8,36 MW en injection réseau ou en absorption de surplus renouvelable

  • Protocole de communication : norme ISO 15118 pour l'authentification et le pilotage bidirectionnel véhicule-borne

  • Sites d'installation : parkings d'entreprises partenaires (Arval, BNP Paribas), flottes professionnelles, sites pilotes résidentiels

🤖 Orchestration DREEV en temps réel

DREEV, filiale commune d'EDF et de Nuvve, est le cerveau du projet. Sa plateforme d'intelligence artificielle analyse en continu plusieurs flux de données pour optimiser chaque cycle de charge/décharge :

L'utilisateur reste maître de son véhicule : il définit son autonomie minimale requise (exemple : 70% à 7h pour le trajet domicile-travail), ses plages de disponibilité (branché de 19h à 7h), et ses préférences économiques (priorité aux revenus ou à la préservation batterie). Le système DREEV respecte strictement ces contraintes.

En coulisses, l'algorithme optimise : si le véhicule doit être à 70% à 7h et qu'il est branché à 19h avec 40% de charge, le système calcule le moment optimal pour charger (heures creuses les moins chères) et évalue s'il peut participer à un service réseau (décharge partielle à 18h pendant un pic, recharge immédiate après). Tout est transparent pour l'utilisateur.

  • État de charge (SoC) des véhicules : lecture en temps réel du pourcentage de batterie et de la capacité disponible pour injection ou absorption

  • Besoins déclarés des utilisateurs : autonomie minimale requise, plages horaires de disponibilité, préférences de préservation de batterie

  • Tarifs de l'électricité : prix spot du marché de gros (EPEX), tarifs heures creuses/pleines, primes d'effacement proposées par RTE

  • Contraintes réseau Enedis : signaux de congestion locale, besoins de flexibilité dans les zones sous tension, appels d'offres de services système

  • Prévisions météo et production renouvelable : anticipation des surplus éoliens/solaires pour programmer des charges massives ou des injections lors des pics de prix

Le consortium EVVE : un partenariat stratégique européen

Le projet EVVE réunit certains des acteurs les plus influents de l'énergie, de l'automobile et de la finance en Europe. Chacun apporte son expertise pour faire de cette expérimentation une réussite industrielle.

🤝 Les partenaires du projet

  • EDF (via DREEV) : Orchestrateur du projet, expertise en flexibilité énergétique et agrégation de capacités de stockage distribuées
  • Volkswagen & Stellantis : Constructeurs automobiles fournissant les véhicules compatibles V2G (voir notre liste véhicules V2G 2026)
  • Izivia : Opérateur de bornes de recharge, filiale d'EDF, responsable de l'installation et de la maintenance des 800 bornes bidirectionnelles
  • Enedis : Gestionnaire du réseau de distribution électrique, validation technique des protocoles V2G et intégration aux systèmes de gestion réseau
  • Arval (filiale BNP Paribas) : Loueur de flottes automobiles, met à disposition des véhicules électriques pour les tests professionnels
  • BNP Paribas : Partenaire financier pour l'évaluation de nouveaux modèles économiques liés à la valorisation des batteries VE

💰 Cofinancement Fonds d'Innovation européen

Le Fonds d'Innovation de l'Union Européenne soutient le projet EVVE dans le cadre de sa stratégie de décarbonation du secteur des transports. Ce fonds, alimenté par les recettes du système d'échange de quotas d'émission (ETS), finance des technologies innovantes à fort potentiel de réduction des émissions de CO2.

Le montant exact du cofinancement n'est pas publié, mais les projets soutenus par ce fonds bénéficient généralement de subventions couvrant 40 à 60% des coûts d'investissement et de déploiement. L'objectif est de rendre la technologie V2G économiquement viable et de préparer son déploiement à grande échelle.

Condition de financement : le projet doit démontrer son impact carbone mesurable (d'où les 25000 tonnes de CO2 évitées), son potentiel de réplication dans d'autres États membres, et contribuer à la stabilisation des réseaux électriques pour accueillir davantage d'énergies renouvelables intermittentes.

Impact environnemental : 25000 tonnes de CO2 évitées

Le projet EVVE annonce l'évitement de 25000 tonnes de CO2 sur sa durée de déploiement. Détaillons les mécanismes qui permettent d'atteindre ce chiffre.

🌍 Comment le V2G réduit les émissions ?

Mécanisme 1 : Optimisation de la recharge aux heures vertes. Grâce à l'orchestration DREEV, les 800 véhicules se rechargent prioritairement quand l'électricité est la plus décarbonée (surplus éolien/solaire, heures de faible demande où le mix électrique est plus vert). En France, le contenu carbone de l'électricité varie de 30 g CO2/kWh (nuit, forte production nucléaire) à 180 g CO2/kWh (pic hivernal 19h avec centrales gaz d'appoint).

Mécanisme 2 : Effacement des centrales thermiques de pointe. Quand les 800 véhicules injectent leurs 8 MW pendant un pic de consommation, ils évitent le démarrage de turbines à gaz (TAC) qui émettent 400-500 g CO2/kWh. Sur une année, ces effacements cumulés représentent l'essentiel des économies carbone du projet.

Mécanisme 3 : Meilleure intégration des renouvelables. En absorbant instantanément les surplus éoliens ou solaires (qui seraient sinon perdus ou exportés), le projet EVVE valorise une production décarbonée qui aurait été gaspillée. C'est de la capture d'énergie verte qui augmente le taux d'autoconsommation des installations renouvelables.

🔢 Détail du calcul des 25000 tonnes CO2

Hypothèse de calcul retenue par DREEV (estimations basées sur les données publiques du projet) :

  • Durée du projet pilote : 3 ans (2025-2027), soit 1095 jours d'opération

  • Cycles V2G quotidiens : chaque véhicule effectue en moyenne 1 cycle décharge/recharge par jour avec 15 kWh injectés

  • Volume annuel injecté : 800 véhicules × 15 kWh × 365 jours = 4,38 GWh/an réinjectés au réseau pendant les pics

  • Contenu carbone évité : ces 4,38 GWh remplacent des centrales gaz (450 g CO2/kWh) au lieu de nucléaire/renouvelable (50 g), soit un gain de 400 g CO2/kWh

  • Économie CO2 annuelle : 4,38 GWh × 400 kg CO2/MWh = 1752 tonnes de CO2 évitées par an

  • Sur 3 ans : 1752 × 3 = 5256 tonnes. Les 25000 tonnes annoncées incluent probablement des hypothèses d'optimisation progressive et d'extension du parc.

📏 Mise en perspective de l'impact carbone

25000 tonnes de CO2, c'est l'équivalent de :

Critique constructive : bien que significatif à l'échelle du projet pilote, cet impact reste modeste comparé aux 400 millions de tonnes de CO2 émises annuellement en France. L'intérêt d'EVVE est surtout de démontrer la viabilité technique et économique du V2G pour préparer un déploiement massif. Si 1 million de véhicules étaient équipés (objectif 2030), l'impact grimperait à 31 millions de tonnes CO2 évitées, soit 8% des émissions nationales.

  • 5400 voitures thermiques roulant 15000 km/an (émissions moyennes 110 g CO2/km)

  • 125000 vols Paris-Nice aller simple (200 kg CO2 par passager)

  • Chauffage annuel de 2500 foyers au gaz naturel (10 tonnes CO2/foyer/an)

  • Production de 12,5 millions de smartphones (2 kg CO2 par appareil du berceau à la tombe)

Business model : qui paie, qui gagne ?

Comprendre l'économie du projet EVVE est essentiel pour évaluer sa viabilité et son potentiel de déploiement à grande échelle. Analysons les flux financiers.

💸 Subventions et cofinancement

Le projet EVVE bénéficie d'un soutien financier public massif via le Fonds d'Innovation européen. Ce cofinancement couvre les postes suivants :

Sans ce soutien public, le projet ne serait pas rentable à court terme. L'objectif est de faire baisser les coûts par l'effet d'échelle et de préparer un cadre réglementaire stable pour attirer ensuite les investissements privés. Horizon de rentabilité sans subvention : 2028-2030 selon DREEV.

  • Installation des 800 bornes bidirectionnelles : coût unitaire estimé 4000-5000€ par borne (matériel + pose), soit 3,2 à 4 millions d'€

  • Développement de la plateforme d'orchestration : algorithmes IA, API de communication avec les véhicules et le réseau

  • Études réglementaires et conformité : validation des protocoles V2G par les autorités (Enedis, CRE), tests de cybersécurité

  • Communication et sensibilisation : convaincre les utilisateurs de participer (formation, app mobile, documentation)

💰 Revenus pour les utilisateurs participants : théorie vs réalité

Les propriétaires de véhicules électriques participant au projet EVVE perçoivent une rémunération mensuelle pour la mise à disposition de leur batterie. Cependant, il est crucial de distinguer deux modes de valorisation très différents qui expliquent les écarts de chiffres souvent constatés.

Transparence batterie : DREEV s'engage contractuellement à limiter l'usure à 2-3% de capacité sur la durée du projet (3 ans), soit l'équivalent de 10000-15000 km de conduite normale. Les cycles V2G sont peu profonds (15-20% de DoD, Depth of Discharge) et optimisés pour préserver la chimie des cellules.

⚠️ Effacement vs Revente réseau : comprendre la différence de revenus

Deux modes de valorisation V2G existent, avec des rémunérations très différentes :

1. Effacement / Autoconsommation (valeur théorique haute) Quand vous utilisez l'énergie de votre batterie pour alimenter votre propre maison (V2H), vous "économisez" le kWh que vous auriez acheté au réseau. Valeur : 15-20 centimes/kWh (prix TTC que vous auriez payé). C'est de l'économie, pas un revenu.

2. Revente au réseau (valeur réelle basse) Quand vous injectez de l'électricité sur le réseau pour la revendre, vous êtes soumis aux prix de gros (marché SPOT), bien inférieurs au prix de détail. Le prix de vente est d'environ 8-10 centimes/kWh car vous ne récupérez pas la TVA, la TURPE (taxe réseau) et les autres taxes que vous payez en tant que consommateur.

Conséquence : les calculs théoriques à 0,15€/kWh ne s'appliquent qu'à l'autoconsommation. Pour la revente réseau (le vrai V2G), les revenus sont 2 fois plus faibles.

📊 Revenus réels constatés par DREEV (retours terrain 2025-2026)

Les retours terrain de DREEV sur ses sites pilotes montrent des revenus réels bien inférieurs aux projections théoriques. Selon les données publiées, les revenus effectifs atteignent jusqu'à 240€/an maximum (soit 20€/mois), même pour les utilisateurs les plus engagés.

Pourquoi cet écart avec les calculs théoriques ? Plusieurs facteurs expliquent la différence :

Exemple recalculé réaliste : un utilisateur "intensif" qui autorise 30 cycles V2G par mois avec 15 kWh injectés génère 450 kWh de flexibilité mensuelle. Avec un prix de revente réel de 0,05-0,06€/kWh (prix de gros moyen), cela donne 22-27€/mois, soit 265-324€/an. Les 240€/an annoncés par DREEV sont donc cohérents avec ces calculs réalistes.

  • Prix de revente réseau : 8-10 centimes/kWh brut, mais après frais de gestion DREEV (~30%), il reste 5-7 centimes/kWh net pour l'utilisateur

  • Variabilité du marché SPOT : les prix élevés (>15 centimes) n'arrivent que lors des pics exceptionnels (vagues de froid), pas tous les jours

  • Disponibilité réelle du véhicule : les cycles V2G théoriques (30/mois) sont rarement atteints car le véhicule doit être branché aux bonnes heures

  • Contraintes utilisateur : l'autonomie minimale demandée (ex: 70%) limite la quantité d'énergie injectable

💶 Fourchettes de revenus réalistes selon profil

Basé sur les retours terrain DREEV 2025-2026 (revenus nets après frais de gestion) :

  • Profil "occasionnel" (max 10 cycles V2G par mois) : 5-10€/mois (60-120€/an)

  • Profil "régulier" (15-20 cycles/mois) : 10-15€/mois (120-180€/an)

  • Profil "intensif" (25-30 cycles/mois) : 15-20€/mois (180-240€/an maximum)

🏢 Revenus pour DREEV et les partenaires

DREEV monétise les services système rendus au réseau électrique en valorisant la flexibilité des 800 véhicules sur plusieurs marchés :

Modèle de répartition : DREEV reverse environ 70% des revenus aux propriétaires de véhicules, conserve 20% pour ses coûts opérationnels (plateforme, maintenance) et partage 10% avec les partenaires (Izivia, constructeurs). Ce modèle évolue selon les retours du pilote.

  • Mécanisme de capacité (marché RTE) : rémunération pour garantir 8 MW de puissance disponible en cas de tension réseau, revenus récurrents de 40-60€/MW/jour

  • Réserve primaire et secondaire : services d'ajustement de fréquence (50 Hz) pour stabiliser le réseau, valorisation 20-30€/MWh activé

  • Effacement diffus : participation aux appels d'offres d'effacement lancés par les opérateurs d'effacement (ODE), prix spot selon les pics

  • Arbitrage prix spot : achat d'électricité quand les prix sont négatifs (surplus renouvelable massif), revente lors des pics tarifaires

Implications pour la France et l'Île-de-France

Le projet EVVE, bien qu'européen, a des implications directes pour le déploiement du V2G en France et en Île-de-France. Analysons le potentiel de scalabilité et les freins à lever.

📈 Scalabilité : du pilote à l'industrialisation

800 véhicules représentent 0,06% du parc de véhicules électriques français (1,3 million en 2025). Si le projet EVVE atteint ses objectifs de rentabilité et de satisfaction utilisateur, l'ambition est de passer à :

Projection Île-de-France : avec 300000 véhicules électriques immatriculés en 2025, un taux d'équipement de 10% représenterait 30000 véhicules V2G franciliens, soit 150-200 MW de flexibilité localisée. De quoi soulager significativement les contraintes réseau dans les zones denses (Paris intra-muros, La Défense).

  • 10000 véhicules en 2027 (phase 2 du projet) = 100 MW de capacité virtuelle

  • 50000 véhicules en 2030 (déploiement commercial) = 500 MW, équivalent d'une centrale au gaz de taille moyenne

  • 500000 véhicules en 2035 (objectif stratégique EDF) = 5 GW, soit 8% de la puissance nucléaire française

🚧 Freins techniques et réglementaires en France

Malgré l'intérêt manifeste du V2G, plusieurs obstacles ralentissent son déploiement en France :

Perspectives 2026-2027 : la CRE (Commission de Régulation de l'Énergie) travaille sur un cadre réglementaire V2G simplifié, inspiré du modèle allemand. Objectif : réduire de 50% les délais de raccordement et clarifier la fiscalité. Le projet EVVE sert de référence pour ces travaux.

  • Compatibilité véhicules limitée : en 2025, seuls 15-20% des modèles électriques vendus en France supportent le V2G (Nissan, Hyundai/Kia, Volkswagen ID récents). Renault et Stellantis promettent la compatibilité pour 2026-2027.

  • Coût des bornes bidirectionnelles : 4000-5000€ contre 1500€ pour une borne AC classique. Le surcoût doit baisser à 2500-3000€ pour démocratiser la techno.

  • Validation Enedis complexe : chaque installation V2G nécessite un accord Enedis pour injection réseau, avec étude technique et potentiel renforcement de ligne. Délais actuels : 3-6 mois.

  • Fiscalité floue : l'électricité réinjectée au réseau est-elle soumise à la CSPE et taxes ? Statut juridique du propriétaire (auto-producteur ?) à clarifier.

  • Usure batterie perçue : malgré les garanties, 60% des propriétaires de VE restent réticents à "user" leur batterie pour quelques euros mensuels (enquête AVERE 2024).

🏙️ Opportunités pour l'Île-de-France

L'Île-de-France est la région idéale pour déployer massivement le V2G après la phase pilote EVVE. Plusieurs facteurs jouent en sa faveur :

Scénario 2030 ambitieux mais réaliste : 100000 véhicules V2G en Île-de-France (30% du parc VE francilien), soit 500-600 MW de flexibilité décentralisée. Impact : réduction de 20% des pics de consommation hivernaux, absorption de 80% des surplus solaires franciliens, économies de 15-20 millions d'€ en investissements réseau évités.

  • Densité VE la plus élevée : 25% des immatriculations nationales se font en IDF, avec une progression de +40%/an

  • Réseau électrique contraint : Paris et petite couronne (92, 93, 94) connaissent des pics de consommation critiques qui nécessitent des investissements réseau massifs

  • Parkings d'entreprise : 60% des actifs franciliens utilisent un parking professionnel, idéal pour installer des bornes V2G mutualisées

  • ZFE et incitations locales : la Zone à Faibles Émissions du Grand Paris pousse à l'électrification, avec aides locales (Île-de-France Mobilités, Métropole du Grand Paris)

  • Smart grids et projets innovants : Enedis Île-de-France mène plusieurs expérimentations de gestion intelligente du réseau (FlexLab, NiceGrid IDF) où le V2G s'intègre naturellement

Préparez votre installation pour le futur du V2G

Bornetik IDF, installateur IRVE certifié en Île-de-France, vous accompagne dans l'installation de bornes de recharge intelligentes compatibles avec les futures évolutions V2G. Même si le Vehicle-to-Grid n'est pas encore démocratisé, préparer dès maintenant votre infrastructure électrique vous permettra d'adopter facilement cette technologie dès qu'elle sera accessible.

Audit électrique gratuit : Vérification de votre installation et capacité d'accueil d'une borne bidirectionnelle future

Bornes intelligentes évolutives : Modèles avec mises à jour OTA pour compatibilité V2G future (Wallbox, Zaptec, Alfen)

Dimensionnement optimal : Câblage et protection adaptés pour accueillir le bidirectionnel sans travaux supplémentaires

Intervention dans toute l'Île-de-France : Paris (75), Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Essonne (91), Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93), Val-de-Marne (94), Val-d'Oise (95).

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Questions fréquentes

Le projet EVVE est-il déjà opérationnel en France ?

Le déploiement des 800 bornes bidirectionnelles a débuté en 2025 et se poursuit jusqu'à fin 2025. Plusieurs sites pilotes sont déjà actifs en France (flottes professionnelles Arval, parkings d'entreprises partenaires), mais le projet n'est pas encore ouvert au grand public. DREEV prévoit une phase commerciale à partir de 2027 si les résultats du pilote sont concluants.

Puis-je participer au projet EVVE avec mon véhicule électrique ?

Le projet EVVE est actuellement réservé aux partenaires du consortium (flottes Arval, salariés d'entreprises participantes). Si vous souhaitez tester le V2G, vous pouvez vous rapprocher de votre employeur ou de votre loueur de flotte pour vérifier s'ils participent au projet. Une ouverture au grand public est prévue pour 2027-2028, sous réserve de validation technique et réglementaire.

Quels véhicules sont compatibles V2G pour EVVE ?

Les véhicules compatibles V2G dans le projet EVVE incluent principalement les modèles Volkswagen (ID.4, ID.5 avec protocole bidirectionnel), Stellantis (e-208, e-C4, e-Opel Corsa) et certains modèles Nissan (Leaf) équipés du protocole CHAdeMo. La liste s'élargit progressivement avec les mises à jour logicielles des constructeurs. Votre véhicule doit supporter la norme ISO 15118-20 pour la communication bidirectionnelle.

Le V2G use-t-il prématurément la batterie de mon véhicule ?

DREEV garantit contractuellement une usure limitée à 2-3% de capacité batterie sur 3 ans, soit l'équivalent de 10000-15000 km de conduite normale. Les cycles V2G sont peu profonds (15-20% de profondeur de décharge) et optimisés pour préserver la chimie des cellules lithium-ion. De plus, DREEV propose une garantie batterie étendue pour compenser toute dégradation supérieure à ce seuil.

Combien puis-je gagner en participant à un projet V2G comme EVVE ?

Les retours terrain DREEV montrent des revenus réels de 5 à 20€ par mois selon votre niveau d'engagement, soit 60 à 240€ par an maximum. Un utilisateur "régulier" effectuant 15-20 cycles par mois gagne environ 10-15€ mensuels (120-180€/an). Attention : les calculs théoriques à 0,15€/kWh ne s'appliquent qu'à l'autoconsommation (V2H). Pour la revente réseau (vrai V2G), le prix de gros est de 8-10 centimes/kWh brut, et après frais DREEV, il reste 5-7 centimes net. Les revenus dépendent aussi des conditions de marché SPOT et de la disponibilité réelle de votre véhicule.

Quand le V2G sera-t-il accessible pour les particuliers en Île-de-France ?

Horizon réaliste : 2027-2028 pour les premières offres commerciales grand public. Le projet EVVE doit d'abord démontrer sa viabilité technique et économique. Ensuite, la CRE doit publier un cadre réglementaire simplifié (attendu fin 2026). Enfin, les constructeurs doivent équiper massivement leurs véhicules (prévision 50% des modèles compatibles V2G en 2027). En attendant, vous pouvez préparer votre installation avec une borne intelligente évolutive.

Le projet EVVE remplace-t-il les centrales électriques ?

Non, le V2G ne remplace pas les centrales de production de base (nucléaire, renouvelables). Son rôle est de fournir de la flexibilité court terme : lisser les pics de consommation, absorber les surplus renouvelables, stabiliser la fréquence du réseau. Les 8 MW d'EVVE représentent 0,93% d'un réacteur nucléaire, mais leur réactivité instantanée (quelques secondes) est leur vraie valeur ajoutée face à des centrales qui mettent des heures à moduler leur puissance.

Quel impact du projet EVVE sur le réseau électrique francilien ?

Si le projet EVVE est étendu à 30000 véhicules en Île-de-France (objectif 2030), cela représenterait 150-200 MW de flexibilité localisée. Impact concret : réduction de 20% des pics de consommation hivernaux dans les zones denses (Paris intra-muros, La Défense), économies de 15-20 millions d'€ en investissements réseau évités (câbles, transformateurs). C'est un complément indispensable aux smart grids pour gérer l'électrification massive des transports.

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